April 9, 2019

Dans le monde, les immigrés sont davantage considérés comme une force que comme un poids

La volonté des immigrés d'adopter les coutumes de leur pays d'accueil est une question qui divise l’opinion publique

Immigrants take the Canadian oath of citizenship during a ceremony in Toronto. (Carlos Osorio/Toronto Star via Getty Images)
(Carlos Osorio/Toronto Star via Getty Images)

Le texte ci-dessous a été traduit de l’anglais vers le français.

La majorité des personnes interrogées dans certaines des destinations privilégiées par les migrants internationaux affirment que les immigrés rendent leur pays plus fort, selon un nouveau rapport du Pew Research Center qui s’appuie sur les données des 18 pays qui abritent plus de la moitié de la population migrante mondiale.

Dans 10 des 18 pays ayant participé à l’enquête, la majorité des personnes interrogées considère les immigrés comme une force plutôt qu’un poids. Parmi ces 10 pays figurent certains des pays qui comptent le plus d’immigrés au monde : les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l’Australie (chacun d’eux comptant plus de 7 millions d’immigrés en 2017). En revanche, la majorité en Hongrie, en Grèce, en Afrique du Sud, en Russie et en Israël considère les immigrés comme un poids pour leur pays. À l’exception de la Russie, chacun de ces pays compte moins de 5 millions d’immigrés.

Aux États-Unis, le pays au monde qui compte le plus grand nombre d’immigrés, six adultes sur dix (59 %) affirment que les immigrés sont une force pour le pays en raison de leur travail et de leurs talents, tandis qu’un tiers (34 %) déclarent que les immigrés représentent un poids car ils prennent leurs emplois et leurs services sociaux. Aux États-Unis, l’opinion au sujet des immigrés a changé depuis les années 90, période à laquelle la plupart des Américains affirmaient que les immigrés représentaient un poids pour leur pays.

De même, l’opinion quant à l’impact des immigrés a changé dans six des pays de l’Union européenne interrogés depuis 2014, date à laquelle le Center avait interrogé pour la dernière fois le public en Europe sur cette question. En Grèce, en Allemagne et en Italie, trois pays ayant connu un afflux important de migrants et de réfugiés en 2015, la proportion de personnes déclarant que les immigrés sont une force pour leur pays a fortement chuté en 2018. En revanche, l’opinion publique s’est déplacée dans la direction opposée en France, au Royaume-Uni et en Espagne, pays qui ont accueilli moins de demandeurs d’asile en 2015. Dans ces trois pays, la majorité des personnes interrogées a déclaré en 2018 que les immigrés étaient une force pour leur pays, contre la moitié seulement en 2014.

« Nous constatons que, dans les pays où le nombre d’immigrés est parmi les plus élevés, la majorité des personnes interrogées les considère comme une force plutôt que comme un poids pour leur société », explique Ana Gonzalez-Barrera, chercheuse senior. « Dans le même temps, le public est sceptique quant à la volonté des immigrés de s’intégrer dans leur pays d’accueil. »

Telles sont certaines des conclusions d’une enquête du Pew Research Center réalisée auprès de 19 235 personnes dans 18 pays entre le 14 mai et le 10 août 2018.

Le rapport fait mention d’autres conclusions importantes :

L’opinion publique est divisée sur la question de la volonté des immigrés d’adopter les coutumes et le mode de vie de leur société : Dans six pays de destination — à savoir le Japon, le Mexique, l’Afrique du Sud, les États-Unis, la France et la Suède — le public est plus enclin à dire que les immigrés veulent adopter les coutumes et le mode de vie du pays d’accueil qu’à dire qu’ils veulent être distincts. En revanche, dans huit pays de destination — à savoir la Hongrie, la Russie, la Grèce, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, Israël et l’Australie — les personnes interrogées affirmant que les immigrés veulent être distincts sont plus nombreuses que celles affirmant qu’ils souhaitent adopter les coutumes du pays d’accueil.

Dans de nombreux pays, la majorité des personnes interrogées pense que les immigrés en situation illégale dans leur pays devraient être expulsés : Dans sept des dix pays de l’UE ayant participé à l’enquête, la majorité des personnes interrogées est favorable à l’expulsion des immigrés en situation illégale dans leur pays. Aux États-Unis, l’opinion publique est divisée sur cette question. Environ la moitié des personnes interrogées (46 %) est favorable à l’expulsion des immigrés en situation illégale dans le pays, tandis que l’autre moitié (47 %) s’y oppose. Au Mexique, moins de la moitié (43 %) se dit favorable à l’expulsion des immigrés en situation illégale dans le pays. Dans la plupart des pays interrogés, ceux qui se trouvent à droite du spectre idéologique sont plus susceptibles d’être favorables à l’expulsion.

Moins d’inquiétude au sujet de la criminalité des immigrés qu’au sujet du risque de terrorisme : Dans plusieurs pays de destination des immigrés, une grande majorité des personnes interrogées affirme que les immigrés ne sont pas plus à l’origine de faits de criminalité que d’autres groupes. C’est le cas du Canada, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni. L’Afrique du Sud, la Suède et la Grèce sont les seuls pays où la majorité des personnes interrogées pense que les immigrés sont davantage à l’origine de faits de criminalité que d’autres groupes. En revanche, la majorité des personnes interrogées dans sept pays européens — à savoir la Hongrie, la Grèce, l’Italie, la Suède, la Russie, l’Allemagne et les Pays-Bas — estime que les immigrés font augmenter le risque de terrorisme dans leur pays. Au Royaume-Uni, en Australie et en Israël, l’opinion publique est divisée sur cette question. En Pologne, la moitié (52 %) du public affirme que les immigrés font augmenter le risque de terrorisme, tandis que 28 % déclarent qu’ils ne le font pas augmenter. Cependant, une part importante de la population en Pologne (19 %) a refusé de se prononcer sur cette question.

Le rapport complet est disponible en anglais uniquement.